En passant

Revenir : un puzzle impossible

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Qu’ importe au pauvre bougre dans son costume sans manches à fumer les pissenlits par la racine ? Il n’y a rien là qui puisse être touché. Siège des affections. Coeur brisé. Rien qu’une pompe, pompant des milliers de litres de sang par jour. Un beau jour, elle se bouche et voilà. Il y en a des tas qui gisent partout ici : poumons, coeurs, foies. Vieilles pompes rouillées : rien d’autre ni plus, ni moins. La résurrection et la vie. Une fois que vous êtes mort, vous êtes mort. Cette idée du jugement dernier. Les faire tous surgir de leur tombe . Sors. Lazare ! Et il se présente tout saur et il fit un flop ! Lève-toi ! Voici le dernier jour ! Et voilà que chaque bougre renifle autour de lui à la recherche de son foie et de ses poumons et de ce qui reste de ses fringues. Un vrai casse-tête pour se rassembler ce matin là.  JJ

 

Mourir dé-forme

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Bien, eh bien ce n’est qu’un long repos, plus de sensations. C’est sur le moment que tu ressens. Doit être sacrément désagréable. Tu ne peux pas le croire d’abord. Doit être une erreur : pas toi. Voyez la maison en face. Attendez, il faut que je. Je n’ai pas encore. Puis plongée dans le noir de la chambre mortuaire. C’est de la lumière que tu voudrais. Chuchotements autour de toi. Souhaitez vous voir un prêtre? Puis le décrochage et la gamberge. Dans le délire tout ce que tu as caché durant toute ta vie. La lutte contre la mort. Son sommeil n’est pas naturel. Pressez la paupière inférieure. Regardez si son nez se pince, si sa mâchoire tombe, si la plante de ses  pieds jaunit …

Et paf , il claque. Parti pour de bon. Il en est pour parler encore un peu de toi. T’oublient. Puis ils défilent pour sauter dans le trou l’un après l’autre. JJ