Des mots pour voir

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 » A la recherche de l’un de ces livres alphabets que tu devais écrire. Les livres que tu allais écrire avec des lettres pour titre.Vous avez lu son F. Oh oui mais je préfère Q .Certes mais W est magnifique. Ah oui . Rappelle toi tes épiphanies écrites sur des feuilles vertes, ovales, profondément profondes, exemplaires à expédier en cas de décès à toutes les grandes bibliothèques du monde, y compris celle d’Alexandrie. Quelqu’un devait les lire, là au bout de quelques milliers d’années. Quand on lit ces pages étranges de quelqu’un disparu il y a longtemps on a l’impression de ne faire qu’un avec quelqu’un qui un jour … » JJ

Des lettres magiques,

W

K

tenant lieu de X,

les lettres sont des passagers clandestins

Oui W est magnifique

Lire les signes pour s’extraire des limbes

La réincarnation des morts par le lecteur

La bibliothèque : un cimetière à ressusciter

 

Voir la mort

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Dans le sommeil le signe humide sonne son heure, la prie de se lever. Lit nuptial, lit d’enfantement, lit de mort, cierge funèbre. Omnis caro ad te veniet. Il approche, pâle vampire, à travers la tempête ses yeux, sa voilure de chauve-souris ensanglante la mer, lèvres collées à mes lèvres.

Voici épingle-moi ce gaillard, veux-tu bien ? Mes tablettes. Bouche volant le baiser. Non il en faut deux. Ensemble cousus main. Lèvres collées à mes lèvres.

Déplaçant dans le ciel ses hauts espars, un trois-mâts, voiles mises en croix, rentre au port, remontant le courant, se déplaçant en silence, vaisseaux silencieux.

Voir dans le noir

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VOYE VOYE VOYE VOYE

VOIS

ATTENDS VOIR

JE VOIS , ENSUITE PENSE DISTANCE, PRES LOIN PLAT, JE VOIS

AH JE VOIS MAINTENANT. REVIENS SOUDAIN EN PLACE, ARRET SUR IMAGE STEREOSCOPIQUE

Vous trouvez mes mots bien obscurs. L’obscurité , elle est dans nos âmes non ? En plus mélodieux.

VOIR LE NOIR

A L’INTERIEUR

IL CROIT

LE NOIR ME VOIT

NUIT NOIRE

PAR LA PASSOIRE DU TEMPS

LE NOIR TOMBE

DE SECONDE EN SECONDE

COMPTE L’HECATOMBE

DES HEURES

TOMBES DU TEMPS

DEBOULANT EN TROMBE

AVIDEMENT

ALPHABETS CHAVIRES

MOTS CARBONISES

OUTRE-NOIRE

LA NUIT LUIT

SIGNES D’ENCRE

REPERTOIRE DE NUITS

REPERTOIRE DE NOIRS

MURS DE MOTS

MURS DE MORTS

( Les litanies de la nuit – Extrait – 2007)

Tout est livre

 

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 » Signatures de toutes choses que je suis venu lire ici, frai marin, varech marin, marée montante,ce godillot rouilleux… vert morve, argent bleu, rouille : signes colorés  » JJ

FERME LES YEUX ET VOIS

Ouvre les yeux NON

Ouvre les yeux maintenant

Pour voir il faut fermer les yeux

Pour écrire, il faut d’abord voir

voir dedans

 

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comment lire

quoi lire

Who ever anywhere wil read those written words ? Signs on a white field.

Une mort verte et salée

 

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Vivre c’est marcher

Mourir c’est perdre pied, se noyer

mort amère, mort à mer, à mère

retour à l’élément liquide

corps submergé, englouti, gonflé,

ingurgité, digéré par l’eau

Le père de James Joyce à moitié ivre eut un jour l’idée de faire subir à James une expérience formatrice pour lui en le maintenant plusieurs minutes la tête plongée dans la Liffey. James ne lui en tint pas rigueur mais Stephen n’aime pas l’eau qu’il assimile à la mort au contraire de Buck Mulligan qui a sauvé un homme de la noyade.

« Un cadavre remontant blanc de sel échappé du ressac, au pas , au trot, au galop, tête de marsouin crevant la surface en direction du bord. Ca y est. Accroche le vite. Bien qu’il ait fait naufrage au plus profond des eaux. On l’a. Tout doux.

Sac empli de gaz de macchab, mouillette de saumure infâme.

Un frémissement de fretin engraissé d’une friandise spongieuse s’échappe par les fentes de sa braguette boutonnée.

Des souffles de morts, moi vivant j’inspire, foule une poussière de morts, dévore les abats pisseux de tous les morts.

Hissé tout raide sur le plat-bord, il exhale vers le ciel la puanteur de sa tombe verte, sa narine lépreuse ronfle à la face du soleil.

Une déferlante de changement tout ça, yeux marrons bleuis par le sel.

Mort en mer, la plus douce de toutes les morts connues de l’homme.  » JJ