Le sacrifice du boeuf

 

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Pylos leur apparut, la ville de Nélée aux solides murailles. Sur la plage on offrait de noirs taureaux sans tache, en l’honneur de Celui qui ébranle le sol, du dieu coiffé d’azur. Sur neuf rangées de bancs siégeaient les Pyliens, cinq cents hommes par rang, neuf taureaux devant chaque. Ils avaient mis la dent aux premières grillades et faisaient pour le dieu brûler les os et les cuisses.

Reine sois-nous propice ! donne nous beau renom, à moi, à mes enfants, à ma digne compagne ! Je sacrifierai une vache d’un an , une bête indomptée, dont nul n’ait encor mis au joug le large front et je te l’offrirai, les cornes plaquées d’or.

Nestor le vieux meneur de chevaux, répandit l’eau lustrale et les orges puis il fit à Pallas une longue prière et comme il prélevait quelques poils de la tête qu’il lançait dans le feu l’assistance en priant jeta des pincées d’orge.

Déjà, faisant un pas, le bouillant Nestoride Trasymède a frappé, et la hache a tranché les tendons cervidés : la bête tombe inerte, sous les clameurs sacrées. Le meneur des guerriers Pisistrate l’égorge : dans le flot du sang noir, l’âme quitte les os.   HOMERE

Une accumulation de débris

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« Un relent de tabac et de renfermé planait sur le bureau avec l’odeur du cuir terni et écorché des sièges. Sur la desserte, le plateau avec les monnaies des Stuarts, vil trésor d’une tourbière : et toujours. Et douillettement installés dans l’écrin à cuillers en peluche pourpre, fanée, les douze apôtres qui portèrent dans le monde entier la parole aux gentils ; et dans les siècles des siècles. »

 

« Et maintenant sa chambre forte pour l’or. La main gênée de Stephen s’avançait sur les coquillages entassés dans le froid mortier de pierre : buccins et cauris et rhombes : et celui-ci en vortex comme un turban d’émir, et celui-ci, une coquille Saint-Jacques. Trésor amassé par un vieux pélerin, magot défunt, coquillages vides. »

 

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« Stephen s’assit sans bruit devant la présence princière. Tout autour de la pièce des portraits encadrés de chevaux disparus rendaient hommage, portant haut leurs têtes dociles : Repulse à Lord Hastings,Shotover au duc de Westminster, Ceylon au duc de Beaufort, pris de Paris 1866. Il voyait leur rapidité, misant sur couleurs du roi, et mêlait ses acclamations aux acclamations des foules disparues. »

Des dynasties fondées sur le sang

 

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Chez Nestor/Daisy, le conducteur de char, le dresseur de chevaux

L’histoire affichée , momifiée, formolée

Portraits de rois et de princes

Mon royaume pour un cheval

Tous irlandais, tous fils de roi … hélas

Des dynasties fondées sur la sang des champs de bataille

Des tresses de sangs mêlés

 

Le pouvoir c’est l’argent

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Les leçons de Deasy :

1 – Savez-vous ce qui fait la fierté des anglais ? Savez-vous  quelle est la parole la plus fière qui puisse sortir de la bouche d’un anglais ? Je vais vous dire quelle est l’affirmation de sa fierté suprême . J’AI PAYE MON DU.

MAIS STEPHEN DEDALUS EST IRLANDAIS

2 – Souvenez-vous de ce que je vous dis, monsieur Dedalus. L’Angleterre est aux mains des juifs. Dans tous les postes élevés: sa finance, sa presse. Et ils sont les signes de la décadence d’une nation. Partout où ils s’assemblent ils sucent la vitalité de la nation. Voilà des années que je vois cela venir. Aussi vrai que nous sommes ici, les marchands juifs ont commencé leur oeuvre de destruction. La vieille Angleterre se meurt.

Vous pouvez voir les ténèbres dans leurs yeux. Et c’est pourquoi ils sont encore errants sur la terre de nos jours.

Ils ont pêché contre la lumière.

 

Apprendre à compter

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« A travers la page les symboles déroulaient leur moresque solennelle, leurs momeries de petites lettres, coiffées de carrés et de cubes en guise de casquettes cocasses. Donnez-vous la main, pivotez, saluez votre partenaire : comme ça : farfadets fils de l’imagination des Maures. Partis de ce monde eux aussi, Averroès et Moïse Maimonide, hommes enténébrés de  mine et de mouvement faisant  à leurs miroirs moqueurs flamboyer l’âme obscure du monde, obscurité brillant dans la clarté et que la clarté n’a point reçue.

– Avez-vous compris maintenant ? Pouvez-vous faire, la seconde opération par vous-même?

– Oui monsieur.

En longs jambages tremblés Sargent copia les données. Attendant toujours une parole d’aide sa main déplaçait scrupuleusement les chiffres chancelants, une faible nuance de honte papillotant sous sa peau terne.

– C’est très simple dit Stephen en se levant.

– Oui monsieur. Merci, répondit Sargent.

Il sécha la feuille avec un mince buvard et s’en alla ranger le cahier dans son pupitre. »