Voir dans le noir

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VOYE VOYE VOYE VOYE

VOIS

ATTENDS VOIR

JE VOIS , ENSUITE PENSE DISTANCE, PRES LOIN PLAT, JE VOIS

AH JE VOIS MAINTENANT. REVIENS SOUDAIN EN PLACE, ARRET SUR IMAGE STEREOSCOPIQUE

Vous trouvez mes mots bien obscurs. L’obscurité , elle est dans nos âmes non ? En plus mélodieux.

VOIR LE NOIR

A L’INTERIEUR

IL CROIT

LE NOIR ME VOIT

NUIT NOIRE

PAR LA PASSOIRE DU TEMPS

LE NOIR TOMBE

DE SECONDE EN SECONDE

COMPTE L’HECATOMBE

DES HEURES

TOMBES DU TEMPS

DEBOULANT EN TROMBE

AVIDEMENT

ALPHABETS CHAVIRES

MOTS CARBONISES

OUTRE-NOIRE

LA NUIT LUIT

SIGNES D’ENCRE

REPERTOIRE DE NUITS

REPERTOIRE DE NOIRS

MURS DE MOTS

MURS DE MORTS

( Les litanies de la nuit – Extrait – 2007)

Tout est livre

 

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 » Signatures de toutes choses que je suis venu lire ici, frai marin, varech marin, marée montante,ce godillot rouilleux… vert morve, argent bleu, rouille : signes colorés  » JJ

FERME LES YEUX ET VOIS

Ouvre les yeux NON

Ouvre les yeux maintenant

Pour voir il faut fermer les yeux

Pour écrire, il faut d’abord voir

voir dedans

 

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comment lire

quoi lire

Who ever anywhere wil read those written words ? Signs on a white field.

Une mort verte et salée

 

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Vivre c’est marcher

Mourir c’est perdre pied, se noyer

mort amère, mort à mer, à mère

retour à l’élément liquide

corps submergé, englouti, gonflé,

ingurgité, digéré par l’eau

Le père de James Joyce à moitié ivre eut un jour l’idée de faire subir à James une expérience formatrice pour lui en le maintenant plusieurs minutes la tête plongée dans la Liffey. James ne lui en tint pas rigueur mais Stephen n’aime pas l’eau qu’il assimile à la mort au contraire de Buck Mulligan qui a sauvé un homme de la noyade.

« Un cadavre remontant blanc de sel échappé du ressac, au pas , au trot, au galop, tête de marsouin crevant la surface en direction du bord. Ca y est. Accroche le vite. Bien qu’il ait fait naufrage au plus profond des eaux. On l’a. Tout doux.

Sac empli de gaz de macchab, mouillette de saumure infâme.

Un frémissement de fretin engraissé d’une friandise spongieuse s’échappe par les fentes de sa braguette boutonnée.

Des souffles de morts, moi vivant j’inspire, foule une poussière de morts, dévore les abats pisseux de tous les morts.

Hissé tout raide sur le plat-bord, il exhale vers le ciel la puanteur de sa tombe verte, sa narine lépreuse ronfle à la face du soleil.

Une déferlante de changement tout ça, yeux marrons bleuis par le sel.

Mort en mer, la plus douce de toutes les morts connues de l’homme.  » JJ

 

Toute transformation est une bataille

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sur la plage, les fantômes des envahisseurs

 » Des galères des Lochlanns sont ici venues à terre, en quête de proies, les becs rougissants de leur proue au ras d’une écume d’étain fondu. Vikings danois, des torques tomahawks étincelants sur leur torse. Troupeaux de cachalots échoués sous un midi brûlant, ils crachent soubresauts boiteux sur les bancs de sable.  » JJ

SE BATTRE ET RESISTER

résister aux vagues et au vague, à la mer , à la mère

résister aux  vagues et aux hippocampes à la blanche crinière, volant sur les flots, résister au maître d’école

résister aux envahisseurs, les anglais