Catégorie : Taché, mouillé, maculé /

UNE LIGNEE IMPOSEE : LES FEMMES GARCONS

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« Il a choisi la plus laide catin de tout le Warwickshire pour partager son lit. Bon : il l’a quittée et a gagné le monde des hommes. Mais ces femmes-garçons sont les femmes d’un garçon. Leur vie, leurs pensées, leurs paroles leur sont prêtées par des mâles. Il a mal choisi ? Il a été choisi, à ce qu’il me semble. Si d’autres ont l’art du Will, Ann Hathaway en a la manière. Nom  d’une queue c’est sa faute à elle. Elle a su l’enjôler. Elle lui a mis le grappin dessus la douce de vingt six ans. La déesse aux yeux pers qui se penche sur le garçon Adonis, s’abaissant pour conquérir, en prologue à l’acte ballonnant est une donzelle effrontée de Stratford qui culbute dans un champ de blé un amant plus jeune qu’elle.

A partir de là il ne sera plus jamais un vainqueur à ses propres yeux ni ne pourra gagner au jeu du ris et couche-toi là. Se faire passer pour un Don Juan ne le sauvera pas. Rien de ce qu’il pourra défaire plus tard ne défera sa première défaite.

La défense du sanglier l’a blessé là ou l’amour saigne toujours.Si la mégère est domptée, il lui reste son arme invisible de femme. Il y a , je le sens, dans les mots quelque aiguillon de la chair qui le pousse à une nouvelle passion, ombre plus sombre de la première assombrissant jusqu’à sa propre intelligence de lui-même. Un destin semblable l’attend et les deux fureurs se fondent en un seul tourbillon.

Mais parce que la perte est son gain, il se retrouve dans l’éternité tout intact, incapable d’avoir tiré la leçon de la sagesse qu’il a formulée ou des lois qu’il a révélées. Sa visière est levée. C’est un fantôme, une ombre à présent, la voix de la mer est une voix entendue seulement dans le coeur de celui qui est la substance de son ombre, le fils consubstanciel au père.  » JJ

quitté

Manger – faire l’amour

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 » Le vin ardent sur son palais s’attardait une fois bu. Ecrasant dans son pressoir les raisins de Bourgogne. Toute la chaleur du soleil. C’est comme une caresse furtive qui parle à ma mémoire. Au contact humide ses sens se souvenaient.Cachés sous les fougères de Howth. Au dessus de nous, la baie au ciel dormant. Pas un bruit. Le ciel. La baie pourpre à la pointe du Lion. Verte à Drumleck. Vert-jaune vers Sutton. Prairies sous-marines, des lignes marron clair dans l’herbe., villes englouties.Ma veste servait d’oreiller à ses cheveux, des perce-oreilles dans les touffes de bruyère ma main sous sa nuque, tu vas tout me boulverser. O quelle merveille ! Sa main amoldoucie par les onguents me touchait, me caressait : ses yeux fixés sur moi ne se détournaient pas.  » JJ

L’homme en terre

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Suis persuadé que la terre serait enrichie avec du compost de cadavre, chair, ongles, fosses communes. Effrayant. Ca tourne au vert et au rose, la décomposition. Ca pourrit plus vite dans une terre humide. Les vieux desséchés plus durs à cuire. Alors une sorte de chanci, une sorte de frometon. Après ça commence à noircir, de la mélasse suinte d’eux. Après ils se racornissent. Papillons tête-de-mort. Bien sûr les cellules ou je ne sais quoi qui continuent à vivre. Se transforment.On vit à jamais en somme. Rien à bouffer. Elles se bouffent elles-mêmes. Mais doivent engendrer une sacrée quantité de vers. La terre en est toute retournée. Doit y avoir un sacré stock de mauvais gaz dans les parages. JJ