Catégorie : Molly Bloom /

Manger – faire l’amour

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 » Le vin ardent sur son palais s’attardait une fois bu. Ecrasant dans son pressoir les raisins de Bourgogne. Toute la chaleur du soleil. C’est comme une caresse furtive qui parle à ma mémoire. Au contact humide ses sens se souvenaient.Cachés sous les fougères de Howth. Au dessus de nous, la baie au ciel dormant. Pas un bruit. Le ciel. La baie pourpre à la pointe du Lion. Verte à Drumleck. Vert-jaune vers Sutton. Prairies sous-marines, des lignes marron clair dans l’herbe., villes englouties.Ma veste servait d’oreiller à ses cheveux, des perce-oreilles dans les touffes de bruyère ma main sous sa nuque, tu vas tout me boulverser. O quelle merveille ! Sa main amoldoucie par les onguents me touchait, me caressait : ses yeux fixés sur moi ne se détournaient pas.  » JJ

Molly : vorace comme un albatros

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 » Il lança entre elles une boule de papier froissé. Elie trente-deux pieds par sec.arr. Ca ne prend pas. Ignorée la boule ballotta dans les remous, flotta sous le pont et le long des piles. Pas si folles les bêtes. Et le jour où j’ai jeté ce gâteau rassis depuis l’Erin’s King elles l’ont récupéré dans le sillage cinquante mètres en arrière. Vivent de leur vivacité. Elles tournoyaient battant des ailes.

La mouette famélique tableau

Plane sur les mornes flots

Voilà comment écrivent les poètes, des ressemblances sonores. Mais pourtant Shakespeare n’a pas de rimes: le vers blanc. Ce qui compte c’est que le langage coule. Les pensées . Solennel.  » JJ