Catégorie : Métamorphoses /

INVENTAIRE des métamorphoses de Bloom * Bloom imperator

Des femmes très nombreuses séduisantes et enthousiastes se suicident elles aussi en se poignardant, en se noyant, en buvant de l’acide prussique, de l’aconit, de l’arsenic, en s’ouvrant les veines, en refusant de manger, en se jetant sous un rouleau compresseur, du haut de la colonne Nelson, dans la grande cuve de la brasserie Guiness, en s’asphixiant, en en se mettant la tête dans un fouràgaz, en se pendant à l’aide de jarretières de grand luxe, en sautant par les fenêtres de différents étages.

LES MORTS VIVENT * Lipoti Virag * le grand-père de Bloom

Lipoti Virag, basilicogrammate dégringole rapidement par le tuyau de la cheminée et fait deux effets de jambe balourds vers la gauche sur des échasses roses. Il est saucissonné dans plusieurs pardessus et porte un mac intosh brun sous lequel il tient un parchemin roulé. Dans son oeil gauche étincelle le monocle de Cashel Boyle O’Connor Fitzmaurice Tisdall Farrell. Sur sa tête est perché un pschent égyptien. Deux plumes dépassent de ses oreilles.

Virag en chefoiseau bleustrié emplumé en panoplie de guerre avec sa sagaie, piétine à grandspas des faînes et des glands dans un bosquet de roseaux crépitant.

LES MORTS VIVENT * Paddy Dignam

Le chien bigle lève le museau montrant le visage scorbutique de Paddy Dignam. Il exhale une haleine putride charognarde. Il grandit et prend taille humaine. Son pelage devient un vêtement mortuaire brun. Son oeil vert lance un éclair, injecté de sang. La moitié d’une oreille, tout le nez et les deux pouces ont été goulalavés.

LES CHIMERES * Le tram-dragon

Il regarde à droite et à gauche, soudain fonce en avant . Dans la brume qui se lève un dragon sablière avançant précautionneusement vire lourdement vers lui, son énorme phare rouge clignotant, son trolley sifflant sur le fil. Le conducteur frappe son gongàpied. Le frein craque violemment. Bloom levant une main blancgantée de policier, traverse maladroitement raide la voie. Le conducteur projeté en avant nezpaté, sur le volantdecommande, hurle en glissant près de lui sur chaînes et tringles.

LES CHIMERES * L’homme qui rit

( Mâchoires claquantes, cabriole ici et là, roule des yeux, avec des cris aigus, des bondskangourous bras écartés pour saisir puis tout d’un coup fait jaillir sa face sans lèvres dans la fourche de ses cuisses. ) Il vient ! C’est moi ! L’homme qui rit ! L’homme primigène ! ( Il tourne et tournoie sur lui-même avec des hurlements de derviche . ) Sieurs et dames faites vos jeux ! ( Il s’accroupit en jonglant. De minuscules planètes de roulette s’échappent de ses mains.) Les jeux sont faits ! ( Les planètes foncent toutes ensemble avec des craquements crépitants.) Rien ne va plus ! ( Les planètes, légers ballons, se gonflent ey s’envolent au loin. Il bondit dans le vide.)

LES CHIMERES * Madame Breen

Madame Breen en manteau de ratine avec de grandes poches à soufflet, debout sur la chaussée, ses yeux fripons grandouverts souriant de toutes ses grandes dents d’herbivore.

Madame Breen en robe de bal d’une seule pièce réalisée en bleu clairdelune, diadème clinquant de sylphe sur le front avec son carnetbal tombé près de sa mule en satin bleulune.

La chouette petite toque d’étamine avec l’aile d ‘oiseau de paradis.

AVENEMENT DE L’INDISTINCT * FLUX ET MELANGES * LES CHIMERES * Madame Dignam

Madame Dignam, femme veuve, nez camus et joues enfiévrées par le bavardage funèbre, les larmes et le sherry ambré de chez Tunney, passe précipitamment en vêtements de deuil, bonnet de travers, se carminant et se poudrant les joues, les lèvres et le nez, mère cygne houssepillant sa couvée. Sous sa jupe apparaît le pantalon de tous les jours de feu son mari et ses souliers à bouts relevés quarante-trois fillette. Elle tient à la min une police d’assurance de Scottish Widow et un immense parapluietente sous lequel sa couvée l’accompagne