Catégorie : Mer et mère /

LES MORTS VIVENT * May Dedalus née Goulding – la mère de Stephen

La mère de Stephen, émaciée s’élève rigide directement du plancher, en gris lépreux avec une couronne de fleurs d’oranger fanée et un voile de mariée déchiré, son visage usé et sans nez, vert de moisissure tombale. Sa chevelure est rare et raide. Elle pose ses orbites creuses cerclées de bleu sur Stephen et ouvre sa bouche édentée pour prononcer un mot silencieux. Un choeur de vierges et de confesseurs chante sans voix…avec le subtil et dément sourire de la mort… approchant un peu plus, soufflant doucement sur lui son haleine de cendres mouillées… un petit filet de bile verte suintant à la commissure de ses lèvres… avec des yeux de braise : Repens-toi ! Oh le feu de l’enfer …

Son visage s’approchant toujours davantage projetant une haleine cendrée, ekke élève lentement son bras droit desséché et noirci en direction de la poitrine de Stephen et tend un doigt : Prends garde à la main de Dieu….

ENTREE DANS L’ILLIMITE * LES MORTS VIVENT * Ellen Bloom née Higgins – la mère de Bloom

Ellen Bloom en toquet noué de dame de pantomime, en crinoline et tournure de la veuve Twankey, chemisier avec manches gigot boutonné derrière, mitaines grises et brochecamée, cheveux tressés dans un filet crépiné, apparaît derrière la rampe de l’escalier, un bougeoir incliné à la main et s’écrie, alarmée et stridente : Oh Saint Rédempteur, que lui ont-ils fait ! Mes sels ! Elle prend un ris dans sa jupe et fouille la bourse de son jupon écru et rayé. Un fiole, un Agnus Dei, une pomme de terre ratatinée et une poupée en celluloïd en tombent.

AVENEMENT DE L’INDISTINCT * FLUX ET MELANGES * LES CHIMERES * Madame Dignam

Madame Dignam, femme veuve, nez camus et joues enfiévrées par le bavardage funèbre, les larmes et le sherry ambré de chez Tunney, passe précipitamment en vêtements de deuil, bonnet de travers, se carminant et se poudrant les joues, les lèvres et le nez, mère cygne houssepillant sa couvée. Sous sa jupe apparaît le pantalon de tous les jours de feu son mari et ses souliers à bouts relevés quarante-trois fillette. Elle tient à la min une police d’assurance de Scottish Widow et un immense parapluietente sous lequel sa couvée l’accompagne

ULYSSE DEPLIE * LE LIVRE DES LITS * 14/18

… ses yeux pleins de tendresse contemplent son enfant….leurs enfants son imagination les voit groupés autour de son lit, les siens à elle, les siens à lui, Charles, Marie-Alice, Frédéric-Albert ( s’il avait vécu), Manou, Baba ( Victoria-Françoise ), Tom, Violette-Constance-Louise), le petit Bobsy chéri… Ce jeune espoir serait baptisé Mortimer-Edouard ( comme le cousin au troisième degré de M. Purefoy, un homme influent qui est dans les bureaux de la Trésorerie, au Gouvernement)

L’ACCOUCHEMENT

Dame Purefoy qui avait obtenu l’entrée de par l’état de son ventre et présentement sur son lit de misère, pauvre créature, son terme étant passé de deux jours et les matrones au désespoir de ne la pouvoir délivrer…et son souffle plus embarrassé qu’il n’eut été désirable… mais que Dieu lui envoie prompte délivrance….

La miséricordieuse providence daignait mettre un terme aux souffrances de la dame qui était enceinte, souffrances qu’elle avait endurées avec force d’âme digne de louanges et elle était accouchée d’un bon gros bonhomme rond comme une pomme.

LA GROSSESSE

Les croyances populaires sur la grossesse, telles que l’interdiction à une femme enceinte d’escalader un échalier de peur que ses mouvements ne causent la strangulation du foetus par le cordon ombilical et cette recommandation dans le cas d’une envie nourrie avec ardeur et non satisfaite d’appliquer la main sur cette partie de sa personne qu’un usage immémorial a consacré comme siège des châtiments corporels.

CONSIDERATIONS DE BLOOM SUR LES FEMMES : de la chair saignant

A rester vierges elles finissent par verser dans la folie, je suppose … Proche de ses règles j’imagine, ça leur met les sens à vif … Mais pourquoi toutes les femmes n’ont-elles pas leurs règles en même temps à la même lune je veux dire ? Tout dépend de leur date de naissance je suppose. Ou bien toutes parlent en même temps puis chacune va à son rythme. Quelquefois Milly et Molly en même temps. Terrorisée quand ses règles luis sont venues pour la première fois. Pauvre môme! Moment étrange pour la mère aussi.