Catégorie : Homère /

A la rencontre des morts – 2 –

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La première ombre qui vint fut l’ombre d’Elpénor. Il n’avait pas encore sa tombe sous la terre, au bord des grands chemins ; son corps était toujours au manoir de Circé.

ELPENOR : – Ce qui causa ma mort, c’est moins le mauvais d’une divinité qu’un trop coup de vin ; au lieu d’aller tourner par le grand escalier, je marchai devant moi, tombai et me rompis les vertèbres du col; mon âme descendit aux maisons de l’Hadès.  HOMERE

 

A la rencontre des morts – 1 –

 

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Quand j’ai fait la prière et l’invocation au peuple des défunts, je saisis les victimes; je leur tranche la gorge sur la fosse, où le sang coule en sombres vapeurs, et du fond de l’Erèbe, je vois se rassembler les ombres des défunts qui dorment dans la mort: femmes et jeunes gens, vieillards chargés d’épreuves, tendres vierges portant au coeur leur premier deuil, guerriers tombés en foule sous le bronze des lances … En foule, ils accourraient à l’entour de la fosse avec des cris horribles : je verdissais de crainte.   HOMERE

Jardins des morts – 2 –

 

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Les ombres des défunts qui dorment dans  la mort vont accourir en foule.

Quant à toi, reste assis; mais au long de ta cuisse, tire ton glaive à pointe, pour interdire aux morts à ces têtes sans force, les approches du sang, tant que Tiresias n’aura pas répondu…      HOMERE

 

Jardins des morts – 1 –

 

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Autour de cette fosse, fais à tous les défunts les trois libations, d’abord de lait miellé, ensuite de vin doux et d’eau pure en troisième, puis saupoudrant le trou d’une blanche farine, invoque longuement les morts, têtes sans force ; quand ta prière aura invoqué les défunts, fais à ce noble peuple l’offrande d’un agneau et d’une brebis noire, en tournant vers l’Erèbe, la tête des victimes ; mais détourne les yeux  et ne regarde, toi, que les courants du fleuve.   HOMERE

 

Dormir , s’ombrer, sombrer

 

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« Pendant qu’ils échangeaient des paroles entre eux, Arété aux bras blancs avait dit aux servantes d’aller dresser un lit dans l’entrée et d’y mettre ses plus draps de pourpre, des tapis par dessus et des feutres laineux pour les couvrir encore. Les servantes sorties torche en main de la salle, avaient diligemment garni les bois du cadre.  »

« Notre hôte, lève-toi… et viens ! Le lit est prêt. A ces mots, combien douce au héros d’endurance fut la pensée du lit. Il s’en fut, ce divin Ulysse, reposer sur le cadre ajouré.  » HOMERE

Rêver de l’Alhambra

 

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« Au côté de la cour, on voit un grand jardin, avec ses quatre arpents enclos dans une enceinte. C’est d’abord un verger dont les hautes ramures, poiriers et grenadiers et pommiers aux fruits d’or et puissants oliviers et figuiers domestiques,  portent sans se lasser ni s’arrêter leurs fruits… L’hiver comme l’été, toute l’année ils donnent … Plus loin chargé de fruits, c’est un carré de vignes dont la moitié sans ombre, au soleil se rôtit, et déjà l’on vendange et l’on foules les grappes … Enfin les derniers ceps bordent les plates bandes du plus soigné des potagers, vert en toute saison, il y coule deux sources ; l’une est pour le jardin qu’elle arrose en entier et l’autre sous le seuil de la cour se détourne vers la haute maison . »

HOMERE

Le sacrifice du boeuf

 

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Pylos leur apparut, la ville de Nélée aux solides murailles. Sur la plage on offrait de noirs taureaux sans tache, en l’honneur de Celui qui ébranle le sol, du dieu coiffé d’azur. Sur neuf rangées de bancs siégeaient les Pyliens, cinq cents hommes par rang, neuf taureaux devant chaque. Ils avaient mis la dent aux premières grillades et faisaient pour le dieu brûler les os et les cuisses.

Reine sois-nous propice ! donne nous beau renom, à moi, à mes enfants, à ma digne compagne ! Je sacrifierai une vache d’un an , une bête indomptée, dont nul n’ait encor mis au joug le large front et je te l’offrirai, les cornes plaquées d’or.

Nestor le vieux meneur de chevaux, répandit l’eau lustrale et les orges puis il fit à Pallas une longue prière et comme il prélevait quelques poils de la tête qu’il lançait dans le feu l’assistance en priant jeta des pincées d’orge.

Déjà, faisant un pas, le bouillant Nestoride Trasymède a frappé, et la hache a tranché les tendons cervidés : la bête tombe inerte, sous les clameurs sacrées. Le meneur des guerriers Pisistrate l’égorge : dans le flot du sang noir, l’âme quitte les os.   HOMERE