Catégorie : Croix /

Voir la mort

DSCF1119

 

Dans le sommeil le signe humide sonne son heure, la prie de se lever. Lit nuptial, lit d’enfantement, lit de mort, cierge funèbre. Omnis caro ad te veniet. Il approche, pâle vampire, à travers la tempête ses yeux, sa voilure de chauve-souris ensanglante la mer, lèvres collées à mes lèvres.

Voici épingle-moi ce gaillard, veux-tu bien ? Mes tablettes. Bouche volant le baiser. Non il en faut deux. Ensemble cousus main. Lèvres collées à mes lèvres.

Déplaçant dans le ciel ses hauts espars, un trois-mâts, voiles mises en croix, rentre au port, remontant le courant, se déplaçant en silence, vaisseaux silencieux.

Faire le tour de l’omphalos

9 - P1010888

Ici et maintenant – l’omphalos – le centre du monde – le centre du moi un cercle cerné par l’indistinct – une île – une bulle  aqueuse – un ventre le point de départ et d’arrivée le point de rencontre du pli de  l’espace et du temps le passé se retournant en miroir du futur et se racontant au présent et inversement l’ultime

 

La mère morte

DSCF0943

La mère de Stephen Dedalus, Marie Jane Murray est morte d’un cancer le 13 août 1903.

(La mère de James Joyce, Marie Goulding est morte d’un cancer le 26 juin 1903.)

« Une souffrance qui n’était pas encore une souffrance d’amour lui rongeait le coeur. Silencieusement, elle était venue à lui après sa mort, son corps dévasté flottant dans ses vêtements mortuaires de bure d’où émanait une odeur de cire et de bois de rose, son haleine qui s’était penchée sur lui, muette, pleine de reproches, une faible odeur de cendres mouillées. A travers le bord élimé de sa manchette, il apercevait cette mer saluée comme une grande et douce mère.

Un bol de porcelaine blanche était resté près de son lit de mort qui avait recueilli la bile verte et glaireuse arrachée à son foie pourrissant dans des accès bruyants de vomissements ponctués de gémissements.

IT’S ONLY DEDALUS WHOSE MOTHER IS BEASTLY DEAD.

Réduit au silence par l’effroi et la pitié, je suis allé à son chevet. Elle pleurait dans son lit misérable. Ses yeux vitreux, fixes, surgis de lamort pour secouer, plier mon âme. Sur moi seul … Ses yeux braqués sur moi pour m’abattre.

NON MERE LAISSE MOI ETRE ET LAISSE MOI VIVRE.

NO MOTHER LET ME BE AND LET ME LIVE.

Ses lobes cérébraux ne fonctionnement pas. Elle appelle le docteur et cueille des boutons d’or sur son édredon

She picks up buttercups off the quilt. » ( sur la croix)