Catégorie : Corps et viande /

Molly dans les plis

 

DSCF0890

 

un peu de peau pliée

Molly habite les plis

Molly  déplie ses formes :

des plis à l’infini : le lit , le jupon, la jarretière froissée  entortillée autour des bas, du linge sale jeté en vrac, une culotte sale,

des formes opulentes, ébouriffées, alanguies, crème paresseuse, vapeur en panache

des formes changeantes se dépliant sans cesse en de nouvelles incarnations

Molly, fleur commençant à se flétrir

Molly bientôt  fumier ou compost

 

Manger des femmes

DSCF0886

 

L’odeur de la viande crue – l’odeur douceâtre du sang

Manger des yeux la bonne des voisins :  » Défense de la courtiser. Paire de bras robuste. Quand elle bat un tapis sur la corde à linge. Il faut voir comme elle le bat, grands dieux. Cette façon qu’a sa jupe de traviole de se balancer à chaque coup qu’elle donne.  » Envie d’être battu ? …

Cuisiner – manger

DSCF0885

 » Monsieur Léopold  Bloom se régalait des entrailles des animaux et des volatiles. Il aimait une épaisse soupe d’abats , les gésiers au goût de noisette, un coeur farci rôti, des tranches de foie panées frites, des laitances de morue frites. Plus que tout il aimait les rognons de mouton grillés qui lui laissaient sur le palais la saveur légèrement acidulée d’un délicat goût d’urine. Il avait les rognons en tête tandis qu’il se déplaçait à pas légers dans la cuisine et installait sur le plateau bombé ce dont elle avait besoin pour son petit déjeuner. Dans la cuisine l’air et la lumière étaient glacés, mais dehors c’était partout la douceur d’un matin d’été. Ca lui donnait un petit creux. Les braises rougeoyaient.  » JJ

Monsieur Léopold Bloom est un juif qui ne mange pas casher.

Des mots à triturer et torturer

 

DSCF0974

 

sueur sang  salive bave morve vomi sperme larme urine crachat pus

le corps fait des taches taches de vie, taches de mort

constellations palpitantes pleïades frémissantes nébuleuses jubilantes

page d’écriture

sur la peau du parchemin

des rides parcourent un texte tuméfié sur la toile de coton blanc

des humeurs s’écoulent

c’est une blessure qui supure de mots bourgeonnants

ratures et brûlures tatouent la peau des choses

page d’écriture

traits et entrailles se déchirent et se répandent en lambeaux de pages

la pulpe exténuée du papier griffée, ridée recueille des chips de signes effrités

dans le champ des brouillons emmêlés

la brèche du sens fendille la chair des signes

page d’écriture

des lignes se décomposent et moisissent dans l’inflammation du texte

la gangrène du sens hache la page

une charpie embrouillée balafres et gribouillis recouvrent la plaie sèche comme un livre

page d’écriture

(dédié  a Michel Butor – 2006)