Catégorie : Autrefois et maintenant /

LES DIATRIBES DU CITOYEN : CONTROLER L’ECONOMIE RUINEE PAR LES ANGLAIS

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Que sont nos vingt millions d’Irlandais devenus, qui devraient être ici au lieu des quatre que nous sommes, que sont nos tribus devenues ! Et nos poteries, nos textiles, sans rivaux dans le monde ! Et notre laine qu’on vendait à Rome au temps de Juvénal et notre lin et nos damas tissés sur les métiers d’Antrim et nos dentelles de Limerick, nos tanneries et nos cristalleries, là-bas du côté de Ballybough, et notre popeline hugenote que nous avons depuis Jacquard de Lyon et notre soie tramée et nos tweeds de Foxford et nos ivoires incrustés du couvent des Carmélites de New Ross, rien de comparable dans tout l’univers. Que sont les marchands grecs devenus qui passaient sous les colonnes d’Hercule, le Gibraltar que l’ennemi de l’humanité s’est approprié pour vendre au Wexford, le jour de la foire de Carmen, l’or et la pourpre de Tyr ? Lisez Tacite et Ptolémée, lisez même Giraldus Cambrensis. Le vin, les pelleteries, le marbre du Connemara, l’argent de Tipperary, inégalables nos chevaux universellement réputés aujourd’hui encore, les petits chevaux irlandais, et le roi Philippe d’Espagne qui proposait de payer des redevances pour avoir le droit de pécher dans nos eaux.

Qu’est ce qu’ils nous doivent pas ces salopards d’Anglos pour avoir ruiné nos foyers, pour avoir ruiné nos coeurs ? Et les lits du Barrow et du Shannon qu’ils refusent d’approfondir, laissant des milliers d’hectares de marais et de boue pour nous faire tous crever de tuberculose .

 

 

 

LES DIATRIBES DU CITOYEN : EXALTER LA TRADITION , LA RELIGION

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Et au son de la cloche consacrée, conduite par un crucifère et ses acolytes, thuriféraires, porteurs de navettes d’encens, lecteurs, porteurs d’ostensoirs, diacres et sous-diacres, s’avança la sainte procession des abbés mitrés, des prieurs, des pères gardiens, des moines et des frères: les moines de saint Benoît de Spolète, les Chartreux et les Camaldules, les Cisterciens et les Olivétais, les Oratoriens et les Vallombrosiens, et les frères de saint Augustin, les Brigittins , les Prémontrés et les Serviens, les Trinitaires et les enfants de saint Pierre de Nolasque : et en outre venus de mont Carmel les enfants d’Elie le prophète conduits par l’Evêque Albert et par Thérèse d’Avila, chaux et déchaux : et les frères bruns et gris , fils du pauvre François, les capucins, les cordeliers , les minimes, les observants et les filles de Claire : et les fils de Dominique, les frères prêcheurs, et les fils de saint Vincent : et les moines de saint Wolstan : et d’Ignace, les fils : et la confraternité des frères des écoles chrétiennes conduites par le révérend frère Edmond Ignatius Rice . Et venaient ensuite tous les saints et martyrs, les vierges et les confesseurs : saint Cyr et saint Isidore Arator, saint Jacques le Mineur et saint Phocas de Sinope, saint Julien de l’Hospitalier et saint Félix de Cantalice, saint Siméon Stylite et saint Etienne Protomartyr, saint Jean de Dieu et saint Férréol, saint Leugarde et saint Théodote, saint Vulmar et saint Richard, saint Vincent de Paul et saint Martin de Todi, saint Martin de Tours et saint Alfred, saint Joseph et saint Denis, saint Cornélius et saint Léopold, saint Bernard et saint Térence, saint Edouard et saint Owen Canicule, saint Anonyme et saint Eponyme et saint Pseudonyme et saint Homonyme et saint Patronyme et saint Synonyme,saint Laurence O’Toole et saint Jacques de Dingle et Compostelle, saint Columcille et saint Columba, saint Célestin et saint Colman, saint Kévin et saint Brendan, saint Frigidian et saint Senan, saint Fachtna et saint Columban, saint Gall et saint Fursey, saint Fitan et saint Fiacre, saint Jean Népomucène et saint Thomas d’Aquin, saint Yves de Bretagne et saint Michan, saint Herman-Joseph et les trois patrons de la jeunesse chrétienne saint Louis de Gonzague, saint Stanislas Kostka et saint Jean Berchmans, les saints Gervais, Servais et Boniface et sainte Bride et saint Kieran, saint Canice de Kilkenny et saint Jarlath de Thuam, saint Finbarr et saint Pappin de Ballymun, frère Aloysius Pacificus et frère Louis Bellicosus, les saintes Rose de Lima et de Viterbe, sainte Marthe de Béthanie et sainte Marie d’Egypte, sainte Lucie et sainte Brigitte, sainte Attracta et sainte Dympna, sainte Ita et sainte Marion Calpensis, la bienheureuse Thérèse de l’Enfant Jésus, sainte Barbe, sainte Scholastique et sainte Ursule accompagnée des onze mille vierges. Et toutes et tous, saintes et saints avançaient avec des nimbes et des auréoles et des gloires, portaient des palmes, des harpes et des épées et des couronnes d’olivier, étaient vêtus de tuniques sur lesquelles étaient tissés les symboles sacrés de leur pouvoir, écritoires, flèches, pains, cruches, chaînes, haches, arbres, ponts, bébés dans une baignoire, coquilles, bourses, cisailles, clés ,dragons, lis, chevrotines, barbes, cochons, lampes, soufflets, ruches, louches, étoiles serpents, enclumes, pots de vaseline, cloches, béquilles, forceps, bois de cerfs, bottes en caoutchouc, faucons, meules, yeux sur un plat, bougies, goupillons, licornes . Et tout en suivant leur itinéraire par la colonne Nelson, Henry street, Mary street, Capel street et Little Britain street chantant l’ Introït de In Epiphania Domini qui commence par Surge, illuminare et continuant plus doucement avec le graduel Omnes qui dit de Saba venient, ils accomplirement plusieurs miracles, par exemple chasser les démons, ressusciter les morts, multiplier les poissons, guérir les paralytiques et les aveugles, retrouver divers objets égarer, interpréter et accomplir les écritures, bénir et prophétiser

LES DIATRIBES DU CITOYEN : EXALTER LA TRADITION ET LES HAUTS LIEUX DE L’IRLANDE

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Le voile mortuaire merveilleusement brodé, ce trésor inestimable de l’Antique Irlande attribué à Salomon de Droma et Manus Tomaltach og MacDonogh, auteurs du livre de Ballymote, fut alors déployé avec précaution et suscita un murmure prolongé d’admiration  Il n’est pas nécessaire d’insister sur la beauté légendaire de ses quatre coins, un sommet de l’art où l’on peut précisément distinguer chacun des quatre évangélistes présentant à chacun des quatre maîtres, son symbole évangélique, un sceptre en chêne fossile, un puma d’Amérique du Nord ( un roi des animaux bien plus noble que le modèle britannique, soit dit en passant), un veau de Kerry et un aigle de Carrantuihill. Les scènes représentées sur le champ pituitaire, nos anciens duns et raths, nos cromlechs, nos grianauns, nos hauts lieux de savoir et nos pierres des maudits sont aussi merveilleusement belles et les coloris aussi raffinés que du temps où les enlumineurs de Sligo laissaient libre cours à leur imagination esthétique, il y a si longtemps, du temps des Barmécides, Glendalough, les lacs charmants de Killarney, les ruines de Clonmacnois, l’abbaye de Cong, Glen Inagh et ses Douze Signes, l’oeil de l’Irlande, les vertes collines de Tallaght, Croagh Patrick, la brasserie de MM.Arthur Guinness fils & Cie (ltd), les bords du lac Neagh, la vallée d’Ovoca, la tour d’Iseut, l’obélisque de Mapas, l’hôpital de Sir Patrick Dun, le cap Clair, le glen d’Aherlow, le château de Lynch, le Scotch House, l’Asile de Nuit de Rathdown à Loughlinstown, la prison de Tullamore, les rapides de Castleconnell, Kilballymacshonakill, la croix de Monasterboice, le Jury’s Hotel, le Purgatoire de saint Patrick, le Saut du Saumon, le réfectoire du collège de Maynooth, le trou de Curley, les trois lieux de naissance du premier duc de Wellington, le rocher de Cashel, la tourbière d’Allen, les Magasins d’Henry street, la grotte de Fingal,toutes ces scènes émouvantes sont encore présentes là pour nous, rendues encore plus belles par les flots de larmes qui y furent versés et par les riches incrustations du temps.