Stephen enfant

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« Laid et insignifiant. Cou maigre et cheveux broussailleux et une tache d’encre, la bave d’un limaçon. Pourtant quelqu’un l’avait aimé, l’avait porté dans ses bras et dans son coeur. Sans elle, le monde dans sa course l’aurait foulé aux pieds, flasque limaçon écrabouillé. Elle avait aimé son sang pauvre et aqueux tiré du sien. Cela était donc réel ? La seule chose sûre en ce monde ? Le corps prostré de sa mère. Elle n’était plus : le squelette tremblant d’une brindille brûlée au feu, une odeur de bois de rose et de cendres mouillées. Elle l’avait empêché d’être foulé aux pieds et puis elle s’en était allée, ayant à peine existé. Une pauvre âme partie aux cieux.

De son sang pauvre et de son maigre lait aigre, elle l’avait nourri et elle avait caché ses langes aux yeux des gens.

Tel il est, tel j’étais, ces épaules fuyantes, cette gaucherie. C’est mon enfance qui se penche près de moi. Trop loin pour que ma main la touche au passage ou du bout des doigts. La mienne est loin et la sienne est secrète comme nos yeux. Des secrets silencieux, pétrifiés trônent dans les palais sombres de nos coeurs à tous deux : les secrets lassés de leur tyrannie  : des tyrans désireux qu’on les détrône. »

 

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